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Vignette automobile :  Une taxe supplémentaire ? Non - Un meilleur financement des routes ? Oui

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Alors que la Wallonie et la Flandre avancent vers l’introduction d’une vignette automobile, Embuild Wallonie et MOBIWALL souhaitent rappeler une position claire. Si la vignette automobile s’inscrit dans une réforme de la fiscalité existante et est génératrice de moyens supplémentaires pour les Régions, ces moyens supplémentaires doivent être obligatoirement affectés à l’entretien de toutes les routes, et pas uniquement celui des autoroutes. 

« Si on paie, on veut voir les résultats »

 

« Les automobilistes belges, en particulier les entreprises, contribuent déjà largement au budget de l’Etat belge et des Régions. Une quinzaine de milliards sont actuellement payés par les automobilistes et les transporteurs routiers, et une très faible partie est réinvestie dans l’entretien des voiries. Les usagers de la route sont actuellement « la vache à lait » des finances publiques.  Une réforme n’a de sens que si elle permet un financement plus efficace pour les infrastructures », souligne Hugues Kempeneers, Directeur général d’Embuild Wallonie.

 

Taxe ou redevance : un choix politique fondamental

 

Remplacer une taxe par une autre ne constitue pas une réforme. La question centrale n’est pas celle du montant payé, mais bien celle de l’affectation des recettes.

Une taxe alimente le budget général, sans garantie de retour concret pour l’usager. Une redevance, en revanche, repose sur une logique claire et compréhensible :

  • elle établit un lien direct entre la contribution et l’infrastructure utilisée
  • elle garantit que les montants perçus sont affectés à l’entretien, à la sécurité, et à la modernisation des routes
  • elle renforce la transparence et la confiance des citoyens

 

Un changement de logique attendu

 

Dans un pays de transit comme la Belgique, où l’état des routes est régulièrement pointé du doigt, la vignette automobile peut prendre deux visages : soit celui d’un symbole supplémentaire de pression fiscale, soit celui d’un outil crédible de redressement des différents réseaux routiers.

« Sans affectation claire, la vignette sera perçue comme une taxe déguisée, même si son impact est annoncé comme neutre », avertit Hugues Kempeneers.

 

Un modèle wallon qui a fait ses preuves

 

La Wallonie dispose déjà d’un mécanisme efficace de financement des infrastructures : le prélèvement kilométrique appliqué aux poids lourds, géré par la SOFICO. Ce système repose sur une logique de redevance selon le nombre de kilomètres parcourus et démontre qu’un financement ciblé, transparent, et orienté vers l’investissement produit des résultats concrets sur le terrain.

Lancée en 2016, la redevance kilométrique payée en Wallonie par les transporteurs routiers et versée à la SOFICO, a permis à celle-ci de redresser le réseau des autoroutes et des autres voiries à grand gabarit (environ 2.500 kms). Le nombre de chantiers en est une preuve évidente.

 

Un enjeu majeur pour les voiries communales

 

La réforme annoncée intervient dans un contexte sensible pour les pouvoirs locaux.
Les voiries communales, qui constituent l’essentiel du réseau routier (plus de 50.000 kms) et supportent une large part du trafic, ne peuvent être les grandes oubliées de la réforme.

« Si la vignette automobile doit améliorer l’état des routes, les moyens doivent percoler jusqu’aux voiries communales. Ce sont elles qui subissent aujourd’hui la pression la plus forte, avec des moyens insuffisants », rappelle Didier Block, Secrétaire général de Mobiwall.

 

Conclusion

 

Embuild Wallonie et Mobiwall défendent une approche claire :  plus d’équité pour les usagers, un financement durable et transparent des infrastructures, et le refus de toute taxe supplémentaire sans retour visible. La vignette automobile ne peut être acceptée que si elle remplace réellement des taxes existantes, si son impact est neutre pour les automobilistes wallons ou belges, et si elle est une source nouvelle de financement pour l’entretien des routes actuellement sous-financées.  

« La vignette peut être une chance historique, à condition d’être une redevance utile et visible », conclut Didier Block.

 

Personnes de contact :

Hugues Kempeneers
Directeur général d’Embuild Wallonie
GSM : 0474 32 55 06
E-mail : hugues.kempeneers@embuild.be

Didier Block
Secrétaire général de Mobiwall
GSM : 0494 44 45 87
E-mail : didier.block@mobiwall.be